L’objet de ce cours est de saisir en sociologue les récents développements de la justice pénale internationale à partir de plusieurs études de cas tirés des procès jugés devant les deux juridictions siégeant à La Haye, aux Pays-Bas : la Cour pénale internationale (CPI) et le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Après une séance introductive, la première partie du cours s’attachera à décrire les conditions dans lesquelles le Bureau du Procureur conduit ses enquêtes à charge et à décharge, ainsi que les principales difficultés qu’il rencontre dans son travail de collecte des preuves et de qualification des faits. On se demandera notamment ce que cela signifie de mener des enquêtes judiciaires en contexte de guerre ou de conflit armé. La deuxième partie du cours porte sur le témoignage et ses trajectoires. Comment devient-on témoin et quelles sont les contraintes d’énonciation des témoignages ? Par le témoignage, s’agit-il de convaincre les juges, d’établir la preuve, de s’adresser au public ? Quelles sont les incidences de la réitération de ces récits sur soi sur injonction depuis les premières dépositions – devant les enquêteurs judiciaires et des ONG – jusqu’au terme de procès ? Enfin, la troisième partie du cours vise à reconstituer mon enquête sur la participation d’anciens enfants soldats devant la Cour pénale internationale en vue de questionner la participation des victimes au procès.